Toujours la route
Je ne vous cache pas que parfois l'exercice d'écriture est plutôt complexe. Exemple :comment décrire plusieurs trajets alors que l'on a déjà abordé précédemment le sujet. Et puis si le voyage c'est la route, il y a aussi la description des lieux dans lesquels on se rend. Malheureusement pour vous, ici, c'est avant tout la route qui est l’héroïne du voyage. Alors pour corser (vins, paysages,mer et cochons, miam!!) j'ai décidé après avoir consulté ma propre autorité supérieure( en l’occurrence dans ce cas mon élément spongieux appelé cerveau) de vous écrire deux versions (courtes je vous rassure) de ces trajets. Pas un en particulier mais une espèce de melting-pot (mélange pour les non anglophones, ou de mix pour les plus jeunes ) des différentes routes parcourues. Les deux textes se complétent. Le premier détail l'aventure le second la justifie (si il fallait justifier quelque chose!!).
Version 1 celle ci est destinée à ceux qui sont plutôt d'humeur clownesque :
Mon interlocuteur ressemble à un croisement entre James Brown pour les cheveux et Joey Starr pour les dents. Sa voix elle est plutôt sortie tout droit d'un doublage de Donald le canard. « No Taxi Osch, no taxi Osch, » . Il répète en boucle même phrase. « Tac Tac Kirghizistan », là j'hésite il me propose une partie coquine au Kirghizistan ? Et là on est partis pour quelques minutes de non sens total (version traduite pour ne pas perdre les non anglophones de ce blog) :
-Heu non merci je suis déjà allé au Kirghizistan et j'ai réussi à conserver ma virginité
-Tadjik pas boum boum, Kirghizistan boum boum (pas de version traduisible)
Après quelques secondes je comprends que le Brownstarr en question me parle de la guerre entre les deux pays et par conséquent de l’impossibilité pour un Tadjik de traverser la frontière.
Aucun transport je n'ais le choix je dois faire marche arrière ce que je ne voulais pas.
C'est partie avec une moto sur le toit pour en théorie 30h de trajet, si en théorie tout se passe bien mais ça c'est en théorie.
Là on va accumuler une semi morte (ou une demi vivante au choix), une infirmière qui intervient en direct live dans le taxi collectif pour sauver la peau de la dame, un docteur qui arrive en claquettes chaussettes (mon look favori) et tee-shirt I Love Paris. J'ai pas tout de suite pensé à la Joconde ou à la statue de l'Aphrodite de Milos en le voyant ! J'avais plutôt un rat d'égout des marchés parisiens en tête. Des ongles noirs de mécano, il va réparer la semi morte. Je crains qu'il sorte un marteau de la tenue de l'infirmière!!Non il va s'évanouir, et voilà on va maintenant devoir faire du bouche à bouche à Ratatouille !! Je m’éloigne tranquillement de la scène pour ne pas me retrouver en bouteille d’oxygène improvisée !! Mon esprit divague en attendant que ça passe et comme souvent je me lance dans des associations d'idées plutôt improbables.
Ratatouille, bouteilles....j'ai faim.
Et on poursuit avec deux crevaisons, une heure de musique Tadjik, des vaches et des yaks dans le même troupeau, quand elles s'accouplent ça donne une Yache ou un Viack? Je me demande !
Une chute de cycliste non létale, sur laquelle nous intervenons, une heure de musique Indienne, les nombreuses pauses pour « lunch time », une heure de musique Tadjik, nettoyage de la voiture, une heure de musique Indienne, remplissage de bouteilles en plastique aux nombreuses sources qui descendent des montagnes, une heure de musique Tadjienne, pleins d'essence et le tout jamais en même temps. Une heure de musique de je sais plus quoi. La coordination et la rentabilisation des actions ne sont pas le propre du Tadjik. Au bout de ma journée j'ai des envies de meurtre, je passe mes nerfs sur cette mouche qui faisait des tours de piste sur mon vélodrome capillaire. Je vais lui arracher une aile tiens, comme ça tu voleras en rond comme moi quand je pagaie. (comparaison à la con je reconnais).
Cette route est magnifique mais là c'est trop long, trop dur, trop tout. J'ai débranché les hauts parleurs de la voiture. Si je n'étais pas fou, je deviendrai dingue.
Version 2 plus poétique
Des fois quand je vagabonde dans les étoiles de ma dernière demeure je demande comment j'en suis arrivé là. Quand les yeux de leurs visages se mettent à me dessiner des rêves, mon cœur me parle. Chaque pas est un pas vers moi même, où témoin silencieux de ce kaléidoscope je n'en fini pas de bouger pour me créer de nouveaux souvenirs. Sous des crêtes aiguisées se déploient des vallées verdoyantes, des torrents impétueux, déchaînés, creusent leurs lits, obstinés et colériques. Des paysages intérieurs vont à la rencontre des verts, des bleus, des gris de la nature et font éclore les graines de l'âme. Au sommet de la route le monde s'étend sous nos pieds. Le silence règne, profond et serein, Seul le vent chante son refrain. La nature s'offre, sauvage et reine, Un spectacle grandiose, sans pareil. Le voyage est un miroir, où se reflète la beauté du monde et la force de l'être. Si je suis là c'est seulement pour suspendre le temps, une heure, une minute, une seconde.
Dans la vallée du Wakhan entre Tadjikistan et Afghanistan
L'Indu Kuch
2 photos précédentes: Ma GH à Langar
Il faut toujours faire le plein avant de partir
























Ya de belles photos mais c'est cher payé pour les faire Bon Vent à toi Thierry et on se revoit bientôt au bord de la piscine avec un bon apéro
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